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ADIRP DE VAUCLUSE - Maison du Combattant - 12 rue Bonaparte - 84000 Avignon
ADIRP de VAUCLUSE
ADIRP de VAUCLUSE
La FNDIRP est en deuil
Hommage d’Alexandra Rollet, Vice-Présidente de la FNDIRP à Walter Bassan le vendredi 8 septembre 2017 à La Balme de Sillingy (Hte-Savoie) Walter Bassan, notre « Walter », nous a quittés Mardi, une affreuse nouvelle a circulé dans les rangs de la FNDIRP, Walter Bassan est décédé … En raison d’un état de santé qui s’est dégradé rapidement, cette terrible nouvelle, nous a tous  frappés au cœur. Notre Walter vient de nous quitter, et pour toujours, au terme d’une pénible maladie. Walter Bassan, notre camarade, résistant dès 1943 à l’âge de 17 ans, détenu dans les prisons de  Pétain, et déporté dans les camps de concentration nazis, portait, à jamais inscrit dans son cœur, le  calvaire enduré dans les griffes de la police française, sous le joug de la milice, et dans l’enfer des  camps de la mort …  Walter est né le 5 novembre 1926 à Rovigo, dans la région de la Vénétie, au nord-est de l’Italie. Il est le troisième, d’une famille de cinq enfants. Dès 1924, ses parents, Thérèse et Gino Bassan,  combattent la milice fasciste de Mussolini. Gino Bassan, après un séjour en prison, et suite au  harcèlement dont il fait l’objet, n’a d’autre choix que de quitter l’Italie. Il part travailler dans les mines  Belges, puis, pour se rapprocher de sa famille restée en Italie, trouve du travail à Annemasse en Haute- Savoie, ce qui lui permet en 1930, de faire venir sa femme et ses enfants. C’est ainsi que Walter arrive  en France, l’année de ses 4 ans. Pour Thérèse et Gino Bassan, la France est une terre d’accueil et de  liberté. Ils commencent une nouvelle vie, veulent s’intégrer totalement, et couper tout lien avec l’Italie  fasciste. Ils demandent la naturalisation française, qui est accordé à toute la famille, en 1934. Dans les années qui suivent la situation politique qui devient préoccupante en France, est souvent évoquée par  les parents de Walter, qui baigne, dès son plus jeune âge, dans une atmosphère prédestinée à la  résistance qui va orienter sa vie. Il obtient son certificat d’études en 1939 et participe, comme tous les  étés, aux travaux des campagnes (moissons, récoltes, vendanges), permettant à Walter et ses frères,  d’apporter une aide à leurs parents. Dès la déclaration de guerre, Gino Bassan perd son emploi, et la  famille déménage à Annecy, où Gino, va aider clandestinement la résistance. En juin 1940, suite à  l’invasion nazie, l’armistice est demandé par Pétain, qui s’engage dans la collaboration avec Hitler. La  république est abolie, pour faire place, au régime de Vichy. La devise « Travail, Famille, Patrie », s’est  substituée à l’adage républicain, « Liberté, Egalité, Fraternité ». Walter, attentif à l’analyse de ses  parents, sur l’évolution des évènements, comprend que le régime de Vichy est complice des fascismes,  et des idéologies d’extrême droite. En 1942, il arrête ses études, et démarre une vie active. Dès 1943,  repéré par un recruteur, il commence à exécuter de petites missions clandestines, puis rejoint ses deux  frères aînés, Dominique et Serge, au maquis , qui exerce ses activités sur Annecy et sa région,  parallèlement, il adhère aux Jeunesses Communistes. Walter et son frère Serge, sont arrêtés sur  dénonciation le 23 mars 1944, et sont internés à l’Intendance, à Annecy, où, à 17 ans et demi, Walter  connait les mauvais traitements et tortures. Transférés à la prison Saint-Paul à Lyon, les deux frères   sont déportés le 29 juin, et arrivent à Dachau le 2 juillet, après un voyage épuisant, sans boisson, ni  nourriture. Walter pénètre dans l’enfer des camps nazis. Il n’est plus Walter Bassan, mais le matricule  75823. Il découvre le processus mis au point par les nazis : l’extermination par le travail. Le 15 juillet,  Walter est séparé de Serge, qui est envoyé dans un kommando extérieur. Le 2 août, Walter est  transféré au Kommando de Kempten, où il passera de longs mois dans les camps de la mort, à lutter  contre la faim, le froid, les coups et la maladie. Il tiendra jusqu’à l’arrivée de l’armée américaine, et  sera rapatrié à Annecy, en mai 1945. Deux membres de ma famille étaient ses compagnons d’infortune,  depuis la prison Saint-Paul jusqu’à Kempten, mon père et mon grand-père. Nous en avons beaucoup  parlé, plus tard, avec Walter. Son frère Serge ne rentrera pas. Il est décédé le 2 mars 1945, à Ohrdruf,  kommando de Buchenwald.   Titulaire de nombreuses décorations, dont la médaille de la résistance, la Croix de guerre 39/45,  la médaille militaire, la légion d’honneur dont il a été élevé au titre d’officier le 15 avril 2016, et les  palmes académiques, dont il été élevé au titre d’officier, également le 15 avril 2016. Mon cher Walter, voilà brièvement rappelés, tes mérites et le dévouement dont tu as fait preuve,  aux heures les plus sombres de l’histoire de notre pays, la lutte que tu as menée pour la liberté,  l’indépendance nationale, et la dignité humaine. Dans les années qui ont suivi ton retour des camps nazis, tu as eu la satisfaction de voir, mise en  place, la Sécurité Sociale, un des programmes du Conseil National de la Résistance, et même d’y faire  carrière. Fidèle à tes convictions, tu en seras un responsable syndical et un délégué du personnel. Installé dans la région d’Annecy, tu as consacré tous tes efforts, à la transmission du message des déportés, et à la mémoire. Tu prendras la responsabilité du poste de secrétaire, de l’association  départementale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de Haute-Savoie, dont tu seras un  membre très actif, mettant toute ton énergie pour l’obtention des droits et pensions des déportés. Tu  consacreras d’immenses efforts, couronnés de succès, pour la réussite du Concours National de la  Résistance et de la Déportation en Haute-Savoie. Tu deviendras en 2013, Président de la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes, dont la Secrétaire Générale, Anita Baudouin, nommée elle aussi en 2013, exprime  combien elle est affectée de ne pouvoir être présente aujourd’hui, pour raisons de santé,  le jour de  ton dernier départ. La Fédération Nationale, créée en 1945 sous l’égide de Marcel Paul et de Frédéric-  Henri Manhès, a aidé au rapatriement et aux soins médicaux des déportés, en mettant en place un  dispensaire, rue Leroux à Paris, pour soigner les pathologies liées à la déportation, un centre de  réadaptation fonctionnelle, puis plus tard un centre hospitalier, et enfin, une maison de retraite  médicalisée, le tout à Fleury-Mérogis.  L’affection fraternelle dont tu nous entourais, t’avais donné une place particulière dans le cœur de  chacun, Déportés, Internés, et Familles, au sein de la FNDIRP. A présent, tu ne seras plus des nôtres, ton sourire, ta sympathie, feront toujours défaut à nos  réunions.   Nous, tes amis, tes camarades, qui connaissons bien la valeur de ton engagement, la valeur des  sacrifices consentis à la Nation, nous inclinons respectueusement devant toi, et t’adressons une  dernière fois, nos très fraternelles pensées. A ta compagne, ta fille et petite-fille, nous présentons nos condoléances très sincères, et les  assurons de notre affection, en souvenir de toi. Adieu Walter, tes camarades ne t’oublieront jamais. Alexandra Rollet Vice-Présidente de la FNDIRP La Balme de Sillingy, le 8 septembre 2017.
Walter Bassan, Résistant Déporté à Dachau, Président Délégué de la FNDIRP est décédé dans sa 91ème année le mardi 5 septembre 2017
L’ADIRP est en deuil
Association Départementale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes
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